La peur du rejet… et si c’était elle qui nous empêchait de laisser éclore qui nous sommes réellement ?

Il y a une peur dont on parle peu, parce qu’elle est bien déguisée.
On l’appelle la peur du rejet.

On croit qu’elle vient des autres.
De leur regard.
De leur jugement.
De leur silence.

Mais en réalité, cette peur-là commence souvent bien avant.
Elle commence à l’intérieur de nous.

La peur du rejet n’est pas seulement sociale.
Elle est liée à notre identité profonde.

Nous n’avons pas seulement peur de ne pas être aimés si nous montrons qui nous sommes vraiment. Nous avons peur de découvrir qui nous sommes, au-delà de l’image que nous avons construite pour être acceptés.


La peur du rejet est un mécanisme de survie

Contrairement à ce que l’on croit, la peur du rejet n’est pas un manque de confiance.
Ce n’est pas un défaut de caractère.
Ce n’est pas une fragilité honteuse.

C’est un mécanisme de survie.

Très tôt, nous avons compris parfois sans mots que :

– être aimé, c’est être accepté
– être accepté, c’est être conforme
– être conforme, c’est être en sécurité

Alors nous avons appris à ajuster… à nous retenir.


Quand l’image devient une prison

Il arrive aussi que les autres aient de nous une perception très élevée.

« Tu es une personne forte. »
« Tu es sage. »
« Tu inspires confiance. »
« On peut compter sur toi. »

Et sans s’en rendre compte, on commence à habiter ce rôle.

Alors rire trop fort devient déplacé.
Raconter des histoires sans queue ni tête mais drôles devient « ahurissant ».
Montrer son âme d’enfant devient risqué.

On ne veut pas décevoir.
On ne veut pas tomber du piédestal.

Mais à force de maintenir cette image…
on étouffe sa personne.


Cette mise à nu fait peur.

Être soi, ce n’est pas uniquement s’autoriser à dire ce que l’on pense.
C’est accepter de voir :

– nos contradictions
– nos zones immatures
– nos élans d’enfant
– nos angles morts
– et parfois… ce qui demanderait à être corrigé

Et cette mise à nu fait peur.

Parce qu’elle oblige à renoncer à une version idéalisée de soi.
Celle que les autres admirent.
Celle qui rassure.
Celle qui « fonctionne ».


John-Michael ou la peur de décevoir son père

J’ai rencontré un homme : John.

John est un homme hypersensible.
Beau sourire.
Belle âme.
Belle aura.

Il est profondément attiré par l’art : la musique, les formes, les couleurs, la beauté.
Il voit le monde avec une finesse rare.

Mais ses rêves ne sont pas des choix que son père valorise.
Son père est exigeant. Structuré. Ferme.
Attaché à une certaine idée de la réussite.

Et John n’incarne pas cet idéal.

Il a grandi avec cette sensation diffuse :
« Ce que je suis n’est pas ce qui est attendu. Alors je ne suis pas vraiment considéré. Je suis parfois ignoré. Je suis parfois subtilement méprisé. »

Il n’a pas été rejeté frontalement.
Mais son hypersensibilité lui a fait ressentir chaque silence, chaque non-dit, chaque “tu n’es pas assez” souvent transmis sans mots, mais puissamment ancrés.

Et ce genre de rejet-là est souvent le plus puissant.
Parce qu’il ne crie pas.
Il s’insinue.

Alors John a appris à se contenir.
À douter de ses élans.
À se demander si sa sensibilité avait vraiment sa place tant elle est perçue commme de la faiblesse chez un homme.

Ce n’est pas qu’il ne s’aimait pas…
C’est qu’il avait peur de perdre l’amour de son père, de ses frères et sœurs…
s’il s’autorisait pleinement à être lui.

Aujourd’hui, John approche de la cinquantaine.
Et pour lui, c’est le bon moment de revenir à lui.

Il imagine que, le jour où il sera pleinement lui et aura réalisé ses rêves,
son père lui tendra les bras et lui dira simplement :
« Je suis fier de toi, mon fils. »

Comme pour John, mon livre sur le sujet arrive à la bonne heure
pour toutes celles et ceux qui en ont assez de paraître
et qui aspirent enfin à être.


La peur d’oser

Cette peur ne disparaît pas avec l’âge, le succès ou la compétence.
Elle change simplement de forme. J’en connais quelques chapitres.

Elle apparaît quand on s’apprête à lancer un grand projet.
À proposer une offre au-delà de nos habitudes.
À partager quelque chose qui vient vraiment du cœur, devant un auditoire inhabituel.

Et les questions surgissent :

Et si personne ne réagit ?
Et si personne ne s’inscrit ?
Et s’ils sont indifférents ?

Ce n’est pas l’échec qui fait le plus peur.
C’est l’idée que ce que nous sommes,
et non ce que nous paraissons, ne suffise pas.


Et si le rejet le plus douloureux venait de soi ?

À force d’anticiper le rejet extérieur,
nous nous rejetons nous-mêmes par avance.

Nous censurons.
Nous arrondissons.
Nous retenons.

Alors que le courage demandé ici n’est pas d’être parfait.
Mais d’être présent.

Ce n’est pas le rejet qui fait le plus mal.
C’est la durée pendant laquelle on se rejette soi-même.


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À ce stade, il ne s’agit pas de changer quoi que ce soit.
Il s’agit de regarder avec honnêteté.

De te poser cette question, sans te juger :

Qui serais-je si je n’essayais plus d’impressionner, de rassurer ou de prouver ?

Ce qui vient ensuite

On ne devient pas soi par un déclic spectaculaire.
On devient soi par un processus conscient.

Dans l’article 13, nous verrons comment :
quand l’esprit devient plus concis, plus orienté, plus clair,
le rejet cesse d’être une menace et devient source d’information.

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Le privilège d’une vie est de rester fidèle à ce qui est vrai en soi.

With Love ❤️
Raphiath Soulé, DTM
Web-écrivaine • Conférencière • Consultante • Entrepreneure

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